A l’instar des autres espaces naturels protégés français et conformément aux dispositions nationales, la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises s’est dotée d’un « plan de gestion », qui définit, programme et encadre la gestion du périmètre classé sur la période 2018-2027. Rédigé en collaboration étroite avec la communauté scientifique et les partenaires institutionnels, le plan de gestion constitue une feuille de route pour assurer la conservation du patrimoine naturel unique des Terres australes françaises. Il constitue également l’outil de gestion du bien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Qu’est-ce que le plan de gestion ?

Ce second plan de gestion de la Réserve naturelle s’appuie sur le bilan du 1er plan de gestion (2011-2015) et sur l’analyse de l’état des connaissances et des inventaires. Il définit plus particulièrement les enjeux de conservation et objectifs de gestion. Véritable pierre angulaire du dispositif de gestion, il s’agit d’un outil indispensable pour assurer la continuité et la programmation des actions de conservation. Le plan de gestion constitue également un outil de partage avec les acteurs du territoire, qui clarifie les enjeux et objectifs que le gestionnaire et ses partenaires se fixent pour la Réserve naturelle et qu’ils souhaitent atteindre au travers d’actions spécifiques.

Le plan de gestion s’articule autour de 7 enjeux de conservation, qui visent la préservation des espèces, des habitats, des fonctions écologiques essentielles et des valeurs culturelles. En définissant la valeur de son patrimoine et en s’assurant de sa conservation, ces enjeux constituent une véritable carte d’identité de la Réserve naturelle.

En sus des 7 enjeux de conservation identifiés, il convient également de mentionner 2 facteurs clés de réussite, conditions matérielles et immatérielles transversales indispensables au gestionnaire à long terme pour remplir sa mission de conservation du patrimoine naturel.

Trois documents composent le plan de gestion :

  • Un diagnostic (volet A), qui dresse l’état des lieux de la connaissance de la Réserve naturelle, de son patrimoine naturel, des activités anthropiques qui y ont cours et des pressions qui y sont exercées ;
  • Un plan opérationnel (volet B), qui organise et hiérarchise les actions à mener par le gestionnaire et ses partenaires ;
  • Un recueil d’indicateurs de gestion et un tableau de bord (volet C), qui permettent au gestionnaire de piloter et mesurer l’efficacité des actions menées.

Le volet B, qui constitue l’ossature du plan de gestion, fixe les Enjeux de conservation, puis les Objectifs à Long Terme (OLT), desquels découlent des Objectifs Opérationnel (OO) et des Actions de gestion. A chacun de ces niveaux est associé une fiche précisant les éléments contextuels, les objectifs visés et les résultats attendus, ainsi que le calendrier prévisionnel d’exécution.

Extrait des Objectifs à Long Terme du second plan de gestion – 2018-2027 – (volet B)

Adoption et mise en œuvre du plan de gestion

La nature des avis recueillis lors des différentes consultations confirment la pertinence du projet au regard des enjeux de préservation de la biodiversité et de l’importance d’inscrire les activités humaines dans une démarche éminemment respectueuse des écosystèmes terrestres et marins. Forts de cette feuille de route ambitieuse, l’équipe de la Réserve naturelle, mais également l’ensemble des directions et services de la collectivité des TAAF, les partenaires institutionnels et scientifiques, ainsi que les usagers disposent désormais d’un véritable projet de territoire pour les 10 prochaines années qui nécessite l’implication de tous.

Un plan opérationnel sur 10 ans

Le second plan de gestion de la Réserve naturelle identifie 95 actions dont la majorité s’inscrit dans la continuité des opérations engagées lors du premier plan de gestion. C’est notamment le cas des études et des suivis à long terme (observatoires) portant sur les milieux et les espèces animales et végétales terrestres. Il s’agit également de poursuivre les efforts engagés par la collectivité des TAAF pour réduire l’empreinte écologique des bases permanentes, et de renforcer les mesures de biosécurité sur l’ensemble du fret et à chaque niveau de la chaine de ravitaillement des districts afin de limiter les risques d’introduction et de dispersion d’espèces exotiques.

A terre, la gestion des mammifères introduits représente la principale ambition pour les 10 prochaines années. La définition de cette stratégie s’appuie sur les connaissances accumulées sur chaque district par la Réserve et les partenaires scientifiques soutenus par l’IPEV. En particulier, l’élimination simultanée du rat surmulot, de la souris domestique et du chat haret sur l’île Amsterdam constitue un des projets phare du second plan de gestion.

Compte-tenu des lacunes en connaissance identifiées sur la partie marine de la Réserve, le nouveau plan de gestion vise dans un premier temps à développer les collaborations scientifiques et à mettre en place des campagnes à la mer pour améliorer les connaissances sur les espèces, les milieux et le fonctionnement des écosystèmes marins. Ce n’est qu’à la lumière de ces informations que la Réserve naturelle sera en mesure de définir une gestion pertinente et efficace de l’une des plus grandes aires marine protégée de la planète.

L’inclusion des zones de pêche à la légine et à la langouste dans le nouveau périmètre de la Réserve naturelle implique également une forte responsabilité des TAAF pour assurer le maintien des ressources halieutiques sur le long terme. A cet égard, le second plan de gestion intègre des mesures de gestion visant à limiter les impacts de ces pêcheries. Ces mesures seront menées en concertation avec les armateurs de pêche australe et avec l’appui du MNHN (conseiller scientifique du préfet administrateur supérieur des TAAF en matière de gestion de la ressource).

La mise en œuvre des actions du second plan de gestion relève principalement de l’équipe de la Réserve naturelle au siège de la collectivité à Saint-Pierre et sur les districts. L’atteinte des objectifs implique également la forte mobilisation des autres services de la collectivité des TAAF, ainsi qu’une collaboration étroite avec des laboratoires de recherche soutenus par l’IPEV qui apportent un cadre scientifique d’excellence aux actions entreprises. Le second plan de gestion de la Réserve naturelle constitue à ce titre un réel projet de territoire visant à préserver sur le long terme le patrimoine naturel exceptionnel des Terres australes françaises.

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