De la plus grande réserve naturelle nationale française à l’une des plus grandes aires marines protégées au monde

La France a marqué sa volonté de préserver la diversité biologique en signant la Convention de Rio en 1992. Il découlait de cette signature l’ambition de prendre au niveau national toutes les mesures nécessaires pour contribuer à la sauvegarde du patrimoine biologique.

Dans la continuité de la Convention de Rio et à l’issue du Conseil des Ministres du 21 septembre 1994, Michel Barnier, alors Ministre de l’Environnement, affirmait que la protection de l’environnement dans les départements et territoires d’Outre-mer (DOM-TOM) était la priorité du gouvernement. Il déclarait que les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) constituaient une véritable “vitrine de la France dans l’hémisphère Sud” et ajoutait que “notre pays se doit d’y mener une politique exemplaire en matière d’environnement“.

En décembre 1996, le Comité interministériel de l’environnement polaire (CEP) recommande la création d’une réserve naturelle au sein des Terres australes françaises.

C’est finalement par le décret n°2006-1211 du 3 octobre 2006 qu’a été instituée la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une réserve naturelle nationale englobant l’intégralité des parties terrestres des îles subantarctiques françaises (l’archipel Crozet, les îles Kerguelen, et les îles Saint-Paul et Amsterdam), qui s’étendent sur une surface d’environ 7 700 km², auxquels s’ajoutent 15 700 km² de domaine maritime, ce qui en fait la plus grande réserve naturelle nationale française.

Suite aux travaux d’écorégionalisation menés par les scientifiques dans le cadre de la Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) depuis 2010 et grâce à la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages du 8 août 2016, qui permet la création de réserves naturelles au-delà des eaux territoriales dans la limite des 200 milles nautiques, l’extension de la partie marine de la Réserve naturelle dans les zones économiques exclusives a pu être confirmée. Cette extension, visant à couvrir l’ensemble des zones fonctionnelles essentielles au maintien des fortes concentrations et diversité des espèces des Terres australes françaises, avait été annoncée au préalable par la Ministre en charge de l’Écologie, Mme Ségolène Royal, en marge de la XXIème Conférence sur le Climat fin 2015 (COP 21).

Grâce au décret interministériel n°2016-1700 du 12 décembre 2016 portant extension et modification de la réglementation de la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises, la surface de la réserve naturelle a été étendue à 672 969 km². La réserve naturelle nationale des Terres australes françaises devient ainsi l’une des plus grandes aires marines protégées au monde.

Par ailleurs, les TAAF ont adopté en 2017 un arrêté instituant un périmètre de protection autour de la Réserve naturelle (arrêté préfectoral 2017-28), qui étend la gouvernance et la règlementation environnementale de cette dernière à l’ensemble des zones économiques exclusives des Terres australes françaises, soit un peu plus de 1,66 millions de km².

Au-delà du classement en réserve naturelle nationale, les Terres australes françaises sont classées depuis 2008 au titre de la convention Ramsar, attestant de l’importance internationale de leurs zones humides.

 

Fiche d’identité

Création de la réserve naturelle : 3 octobre 2006 (décret n°2006-1211)

Extension de la réserve naturelle : 12 décembre 2016 (décret n°2016-1700)

Cadre juridique : décret n°2006-1211 modifié par le décret n°2016-1700

Situation géographique : océan Austral

Surface totale de la réserve naturelle : 672 969 km² dont environ 7 700 km² en milieu terrestre

Surface sous protection : 1 662 766 km² (arrêté n°2017-28 portant création d’un périmètre de protection autour de la Réserve naturelle)

Population : pas d’habitants permanents, mais les bases accueillent environ 150 personnes par an (personnels techniques, scientifiques, militaires, agents de la réserve naturelle, etc.).